- Contact                                                                                    .: Azul Fellawen :. .: Bienvenue :. .: Welcome Zaama :.

 

 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

Edito
 

Article 1:

Une salle de réunion leur a été refusée à Illilten

La LADDH dénonce

Par Rédaction de Liberte, 1 septembre 2005

Malgré les déclarations tonitruantes sur les prétendues options démocratiques de nos gouvernants, le pouvoir vient de refuser de mettre à la disposition de la cellule des droits de l’Homme d’Illilten, la salle des actes de la commune, pourtant disponible et fonctionnelle, pour animer une conférence portant sur la problématique de la paix et de la réconciliation nationale. Le motif évoqué par le chef de daïra est des plus étranges : les salles de réunions, dit-il, sont réservées pour ceux qui soutiennent le projet de réconciliation. Cela dénote, s’il en est encore besoin, combien le pouvoir est allergique au débat contradictoire. Les militants des droits de l’Homme de la commune d’Illilten, soutenus par les citoyens, s’insurgent contre de tels procédés et décident de tenir la conférence en plein air le vendredi 2 septembre 2005 à 16h.

 

Article2:

Edition du 27 août 2005

Illilten
Une localité en marge du développement

Carrefour de trois wilayas : Béjaïa, Tizi Ouzou et Bouira, les villages et hameaux de la région d’Illilten et d’Iferhounene accusent, de l’avis de responsables locaux, un retard immense en infrastructures de base par rapport à d’autres localités.

L’état des routes est pour beaucoup dans cet isolement. La RN 15, la reliant à Bouira, est impraticable à partir du col de Tirourda. Le deuxième axe routier, la CW 253 Béjaïa-Illilten-Aïn El Hammam, dont l’état laisse à désirer, manque cruellement de fonds pour son entretien, d’où la nécessité qu’il soit érigé en route nationale. Un autre axe attend depuis des lustres sa concrétisation, reliant Tifilkout-Taghzout vers Azazga (Tizi Ouzou) sur un tronçon d’une dizaine de kilomètres et servira de dégagement lors des intempéries hivernales. Dans une commune, où en dépit d’un enneigement excessif durant l’hiver, qui ne dispose pas encore de chasse-neige, les autorités locales et les comités de village n’ont de cesse de réclamer la concrétisation de cet axe routier. « La route, c’est le développement », dit un responsable local pour qui la région aura tout à gagner en cas de jonction entre la R15 et la CW253 en passant par Azrou N’thor. Il ne désespère pas de voir naître une industrie touristique dans cette région au cas où l’Etat s’occuperait de l’état des routes. Après les routes, l’électricité. Non pas que la région n’est pas encore électrifiée, mais la vétusté des lignes électriques (dépassant les 30 ans d’âge) et la faiblesse des transformateurs aériens rendent les coupures en hiver trop fréquentes, au point que de nombreux foyers s’équipent désormais de groupes électrogènes. Le problème de la carence en eau potable n’est pas en reste et a failli même empoisonner la vie des villageois, en créant des dissensions graves entre eux. Si à Iferhounene, toute la commune s’alimente d’une seule source, Tala Meloulène, à Illilten l’eau est gérée exclusivement par les villageois qui l’ont, à juste titre, acheminée des pics de montagne jusqu’aux foyers par leurs propres moyens, qu’ils soient d’ordre pécuniaire ou en main-d’œuvre. Parler de gaz de ville devient une hérésie sachant qu’une localité comme Larbaâ Nath Irathen, à une vingtaine de kilomètres du chef- lieu de wilaya, n’en dispose pas encore. A l’instar des localités avoisinantes, le chômage bat son plein. En dehors de l’administration (mairie, poste,... ) et le secteur de l’éducation, dans ses trois paliers, aucun autre secteur n’est consommateur de main-d’œuvre. Ici, c’est presque tout le monde qui vit de la rente des émigrés. Mais après la rente, plus rien. Si le problème du foncier se pose avec acuité dans ces régions où 90% des terres sont privées et sans titres, elles resteront des communes-dortoirs avec des déficits budgétaires chroniques. Le logement est une affaire individuelle. Chacun a appris à construire sa propre maison. Aucun programme de logements n’est réalisé depuis l’indépendance à ce jour. Par contre, environ 900 aides aux logements ruraux sont débloquées durant ce quinquennat pour les trois communes de la daïra d’Iferhounene. Des aides de 500 000 DA, sont réparties parcimonieusement pour une population majoritairement nécessiteuse. Quant aux 100 locaux promis annuellement aux jeunes chômeurs, un responsable local nous a fait savoir qu’aucun local n’a encore été attribué à un chômeur. Sans ressources, ces localités en marge du développement nécessitent un quantum d’infrastructures. Vivant dans le dénuement à huis clos, les populations usent de la solidarité et de... l’humour pour faire face aux vicissitudes de la vie. Un jeune a eu cette réplique à une question relative à la situation sécuritaire dans la région : « Vous voulez savoir si c’est calme chez nous, alors sachez Monsieur qu’ici, c’est le calme qui nous terrorise ! » Un véritable no man’s land effectivement.

M.M

Article3:

Amel ZITOUNI: Réalisatrice-productrice
De l'ambition et du nerf !

Née à M'Sila, en Algérie, Amal Zitouni a vécu à Alger où elle fit des études arabisées au Lycée Aïcha de Hussein-Dey jusqu'au baccalauréat. Elle est installée en France depuis une vingtaine d'années.
 
cinéma, réalisation, art, oiffure, documentaire
Vous venez de terminer un documentaire sur l'organisation sociale dans un village kabyle d'Algérie, dont vous avez eu l'amabilité de nous faire visionner la pré-maquette. Pouvez-vous nous en parler ?
Après des stages de coiffure mixte puis d'informatique, elle opte finalement pour la réalisation cinématographique. Le nom de la boîte de production qu'elle a créée et qu'elle dirige, Lyndaris, est la contraction du nom de ses deux enfants, Lynda et Aris.
Le titre, encore provisoire je pense, en est Zoubga, Illilten, qui est tout simplement le nom du village où 'ai tourné. Il a fallu que je me rende sur place, avec mon équipe, à trois reprises : en 2000, en hiver, puis au
printemps 2002. Il s'agit d'une œuvre autofinancée parce que je ne veux pas dépendre d'une quelconque chaîne de télévision qui se serait arrogé un droit de regard sur le film. Je voulais agir librement. Le film porte sur l'organisation sociale et la solidarité séculaire d'un village qui serait le mieux organisé de Kabylie.

Vous n'êtes pourtant pas originaire de cette région, vous ne parlez pas kabyle.Comment vous est donc venue l'idée de ce thème et de ce lieu ?
C'est un ami, médecin de famille, qui m'a aiguillée sur cette idée. Il m'a longuement parlé de son village et a fini par éveiller mon intérêt et ma curiosité. J'ai donc visité les lieux et ai été émerveillée, séduite.
J'ai tenu absolument à mettre tout cela en images.

Zoubga, Illilten,Kabylie,Algérie, réalisatrice, informaticienne
Quel accueil vous ont réservé les habitants de Zougba?
Formidable ! Inoubliable ! C'était la liesse...
J'ai trouvé beaucoup de générosité, de compréhension, de respect et de sollicitude. Tout le monde s'est mis à ma disposition pour me faciliter la tâche. Ce n'était plus du travail mais une véritable partie de plaisir. Je suis vraiment fière que cette région, la Kabylie, fasse partie de l'Algérie.

Comment expliquez-vous votre choix de faire une carrière de réalisatrice après une formation de coiffeuse puis d'informaticienne ?
En fait, je considère cela comme un retour à ma véritable vocation puisque j'ai toujours été attirée par le milieu artistique, que j'ai beaucoup fréquenté, A 15 ans déjà, j'ai été sollicitée pour chanter à l'émission "Alhan wa chabab" (Des Mélodies et des jeunes) de la télévision algérienne mais j'ai été bloquée par mes
parents qui ne v oulaient pas que je fasse du cinéma, alors que j'avais reçu une offre sérieuse à la faveur d'un séjour effectué en Egypte. En Algérie, je faisais partie d'une chorale polyphonique multiraciale
"A cœur joie", à l'INM (Institut national de Musique) d'Alger et j'ai fréquenté l'INADC d'Alger (Institut des Arts dramatiques et chorégraphiques). J'avais aussi beaucoup d'ami(e)s à la chaîne III (francophone) de la radio algérienne.

Vous êtes également productrice de musique. Comment se passent les choses dans ce créneau ?
J'ai commencé par produire le grand luthiste algérien Alla. Le CD s'intitule "Zahra" et comprend "lOtitres. Il faut dire que j'ai été déçue par cet artiste en qui je croyais. Il n'a pas joué le jeu et m'a désorientée par
un comportement pas très professionnel...

Je vais bientôt lancer la production d'un album de la grande cantatrice Zoubeida Idrissi, "Chants arabes andalous". Et, bien sûr, terminer le montage de mon film et songer à sa diffusion. J'espère me faire une
bonne carte de visite avec ce film et enchaîner sur d'autres projets.

"J'ai toujours été attirée par le milieu artistique, que j'ai beaucoup fréquenté. "

Songez-vous à retourner en Algérie ?
J'y retourne chaque année pour voir ma mère. Je ne veux pas qu'il m'arrive la même chose qu'avec mon père, qui est décédé alors que je ne l'avais pas vu depuis cinq ans. Mais, pour y retourner définitivement, non ! J'ai deux enfants, une fille de 14 ans et demi et un garçon de 13 ans et demi, qui font leurs études ici. Mais il faut dire que je les élève dans nos traditions et notre religion...

Contact : Lyndaris Production,
100, rue de Ménilmontant
75020 Paris. Tél. : 01 46 36 44 96   

Source :http://www.webzinemaker.net/pme-webzine

Article4:

Edition du 3 octobre 2005

 Illilten 
L’échec au bout de la... « réussite »
A. A., 18 ans, vient de vivre une déconvenue qu’il n’est pas près d’oublier de sitôt. Elève au nouveau lycée de Souk El Had dans la commune d’Illilten (daïra d’Iferhounène), il vient d’être recalé (admis à refaire la 1re année secondaire) après avoir réussi à passer en 2e année.

Comme ce jeune infortuné, ils sont plus d’une cinquantaine à avoir connu le même sort. Pourtant, A. A. s’est inscrit le plus normalement du monde en 2e année, a obtenu le 19 septembre dernier un certificat de scolarité portant le parafe du proviseur et où il est clairement mentionné : « A. A., classe 2e AS, année scolaire 2005-2006 ». Cet élève figure bel et bien dans le procès-verbal des délibérations du conseil des classes sanctionnant l’année 2004-2005. Selon un membre du collectif des parents d’élèves du lycée Souk El Had, cette affaire remonte au début du mois de septembre dernier, lorsque de nombreux parents d’élèves ont été destinataires d’une correspondance, datant du 12 septembre, émanant de la direction du lycée Souk El Had et ayant pour objet la « révision de la décision de passage en année supérieure, d’un niveau à un autre ». Ce courrier, s’appuyant sur « la circulaire du ministre de l’Education nationale n° 296/MEN et datant du 4 juillet 2005 », ainsi que « la correspondance du directeur de l’éducation nationale datant du 6 juillet 2005 », informe les parents que leurs enfants « ayant obtenu une moyenne annuelle inférieure à 10/20 ne sont pas admis en année supérieure », mais admis à refaire leur classe pour l’année en cours. Refusant le sort réservé à leur progéniture, les parents d’élèves ont adressé le 16 septembre une « réclamation » au ministre de l’Education nationale, sollicitant son intervention pour « solutionner ce problème », non sans avoir au préalable rappelé la genèse de l’affaire. En s’appuyant sur le fait que « certaines lois ne sont pas adaptables dans une zone rurale comme la nôtre, privée de tout par rapport à une zone urbaine », suggérant une dérogation. En affirmant vouloir maintenir leur démarche vis-à-vis des autorités, l’un des parents dit « envisager d’avoir recours à la justice pour rétablir la situation ». Pour sa part, le directeur de l’éducation nationale de la wilaya de Tizi Ouzou, qui dit avoir effectivement reçu à trois reprises ces parents, nous répond : « Il existe une circulaire de la tutelle datant de 1997-1998, portant sur l’amélioration de la notation qui préconise de faire évoluer graduellement la moyenne de passage en année supérieure en allant de 8,5 à 9 puis à 10/20. Ce texte avait fixé l’année 2001-2002 comme année butoir pour atteindre l’objectif à 100%. » Notre interlocuteur ajoute : « Mais en 2003, en raison du séisme, nous avons obtenu une dérogation spéciale à effet non durable. Depuis l’année 2004-2005, la moyenne applicable partout et pour tout le monde est désormais de 10/20. » « En ce sens, les 76 élèves du lycée d’Illilten sont admis à redoubler. Et c’est la même chose pour le reste des établissements de la wilaya », précise le responsable de l’éucation qui trouve que ce processus vise à améliorer, à terme, la réussite au bac. Par contre, « il est intolérable de voir des élèves de classe terminale exclus avec une moyenne supérieure ou égale à 9/20. Ceux-ci doivent bénéficier d’une nouvelle chance », conclut-il.

Abdenour Bouhireb